Ultra Bike Lozère 500 km – Etape 1

Cette boucle me fait rêver depuis 1 an et nous sommes enfin au départ malgré toutes ces incertitudes… Surprise, Mathieu m’accompagne au dernier moment. Ca me fait plaisir car je sais qu’on va partager un bon moment ensemble et à 2 nous serons plus forts pour se frotter au 500 km des routes pentues et sauvages de la Lozère concoctées par Hors Traces Aventures. Ici on ne triche pas…on joue du dérailleur et comme dit Stromae « quand y en a plus…et ben y en a encore ! ». A travers l’Aubrac, la Margeride, le Mont Lozère, les Cévennes et les Causses nous sommes envoûtés par cette nature profonde. La trace est sublime, un savant mélange de routes pittoresques, agréables et exigeantes. Mathieu à raison…c’est dur mais on ne voit pas le temps passer. Et c’est bien là l’essentiel, ouvrir une parenthèse pour se déconnecter du quotidien et sentir cette nature vous toucher au plus près. Allez on y va…La Lozère, embarquement immédiat !

Nous voici la veille du départ en direct de La Canourgue au Logis Le Portalou prêt à passer une bonne soirée en guise de prologue. La patronne est très accueillante et on se sent bien. Des bretons dorment aussi à l’hôtel. Nous sommes environ 40 à participer à l’une des 3 distances de cet Ultra Bike Lozère : 300, 500 et 700 km. Radio Tour nous annonce une grosse galère pour l’organisateur qui ne peut assurer l’intendance de l’accueil et du départ. Tant pis, on est chaud, demain on roule !

6h30 il est temps de partir. Nous avons raté le départ groupé et nous nous élançons vaillamment à l’assaut de la première difficulté de la journée, direction l’Aubrac !

Mathieu imprime le tempo, la route est belle et large. Les premières pentes nous réchauffent un peu et se dévêtir en roulant relève du numéro d’un équilibriste pour Mathieu. Pas encore habitué à la sacoche arrière mais ça va venir ! Dès le départ je sens que le coup de pédale n’est pas aérien… mais on avance bien et on relance dans les descentes. Avant St Laurent d’Olt on remarque des traces de pneus au sol. Nous rattrapons petit à petit les premiers cyclos. 12 km de montée sèche suivi de 25 km de faux plat montant pour atteindre le lac des moines. Nous doublons Karine qui mouline encore plus que moi.

Sur le plateau il fait froid et nous franchissons le col d’Aubrac à 1340 m. Premier arrêt à Nasbinals au km 82. Nous rentrons dans un café et je file au wc me nettoyer le visage car je saigne du nez. Nous repartons 18 mn plus tard. Le paysage est superbe et rappelle le Yorkshire à Mathieu. Je suis dans le dur, Mathieu écrase dans les portions roulantes et même dans sa roue c’est compliqué. Nous suivons le ruisseau Le Bès qui serpente et se faufile au milieu du plateau. Les bosses s’enchaînent et petit à petit le coup de pédale revient. Une vis se desserre au niveau de mes plateaux, je sors le tool magique et l’affaire est réglée en 1 mn. Cela restera la seule avarie de notre périple !

Le circuit emprunte des petites routes improbables mais assez propres hormis un passage en cyclo cross dans les rues d’un hameau en travaux. GPS obligatoire pour suivre la trace…On commence à comprendre la logique de Romain l’organisateur…ne jamais rester sur le même axe et tourner là ou la raison voudrait que l’on file tout droit ! Nous franchissons Malbauzon au km 105 et le profil devient plus descendant jusqu’au prochain arrêt au cœur du Gévaudan. Soudain nous plongeons dans les gorges de l’enfer qui portent bien leur nom. Superbe mais prudence dans les virages !

Nous arrivons au 1er CP à Marvejols vers 12h30 après avoir parcouru 155 km soit la moitié du parcours de la journée. Nous avons bien avancé et faisons un selfie devant la statue du Gévaudan pour l’envoyer sur le groupe whatsapp de l’organisation afin de valider notre passage. Arrêt boulangerie, la température monte un peu et nous dégustons une part de pizza devant la bête. Au moment ou nous partons, 4 gars arrivent juste au CP. Chacun son rythme et tout le monde avance. Direction le col de Goudard, juge de paix sur la classique Marvejols/Mende ! La pente est sévère, 4 km à plus de 7 % de moyenne. Mathieu ne faiblit pas et je décroche comme un planeur. Dur, dur…l’après midi ne fait que commencer !

Non loin de Barjac, nous empruntons une belle départementale assez large qui perce une immense forêt. Mathieu se croit revenu au Canada. J’ai trop chaud…Je m’arrête et tombe veste et jambières. Je me sens mieux mais je ne monte pas plus vite. Pas d’affolante, je sais roulotter ! Mathieu comprend que ça va être difficile de poursuivre à la même allure et essaie en vain de me motiver en lançant après chaque bosse : « la roue Nini, garde ma roue ! ».

On laisse Mende sur notre droite et on remonte sur le plateau en direction de la Margeride. La route est bonne et Mathieu embraye dès que c’est possible. Direction St Amans. Une petite douceur se dresse devant nous au km 200…connais tu le Hameau Salhens ? Non, et bien ça vaut le détour ! Tout à gauche et il faut serrer les dents pour ne pas poser pied à terre.

Il est 15h45 et il reste 100 km pour rallier Langogne où nous trouverons un bar, une douche et des pizzas !!! En attendant cap vers le parc des bisons d’Europe après Sainte Eulalie. Le temps se couvre et des nuages noirs qui viennent du nord (enfin de l’ouest) colorent la terre, les lacs, les rivières….c’est le décor de la Margeride ! Un dernier arrêt pour boire une bière et maintenant on file car ça serait dommage de prendre une drache. Encore quelques cols assez roulant, la Croix de Bor, les Trois Soeurs et nous plongeons vent dans le dos à tombeau ouvert sur la vallée du Chapeauroux.

Il reste 40 km à parcourir, on descend la vallée mais le vent défavorable est très fort. Alors le PergetOneManShow commence ! Comme il n’a plus de licence UCI, l’animal se permet de rouler les avants bras sur le cintre pour lutter contre le vent. Je suis à bloc et ne moufte pas dans sa roue. Je fais feinte de prendre un relais….500 m ! On descend et on comprend pertinemment qu’il va falloir gravir le talus sur notre droite pour atteindre le château de Condres. En haut Mathieu sort un bout de fromage de la sacoche…l’hypo le guette, il est temps d’arriver. Le lac de Naussac est en vu. Superbe panorama. Nous arrivons au café de la Halle de Langogne à 19h30 où visiblement le patron est dans le même état que nous….sans avoir donné un seul coup de pédale. Une bière, puis 2, la photo avec le patron et zou on file à l’hôtel…ce soir c’est pizzas au feu de bois !

Bilan : 297 km – 5200 m d+…CP2 check…demain il fera jour !