Tour de l’Aubrac

Initialement ce dernier wk de juin nous devions nous frotter au 179 km de l’Ariégeoise XXL et nous aurions assurément fini livides dans la montée du plateau de Beille. Le Pangolin en a décidé autrement… Alors Fabien a imaginé une trace sur les routes des vacances de son enfance : l’Aubrac ! Là-bas c’est de l’authentique que tu vas chercher…Un plateau long comme un jour sans fin, des vaches paisibles, des burons façonnés par le vent et de l’Aligot qui file, file, file… Amis randonneurs ce pays est rugueux, toujours en prise mais quand tu roules le temps n’a plus d’importance tellement c’est beau…Bienvenue en Aubrac !

Pour nous accompagner, les French Divider sont là. Maud (notre mascotte Belge) qui a toujours la frite et Cédric sont au rendez-vous. Pascal (futur participant à la French) nous rejoint au dernier moment. Et nous voilà soudés comme les 5 doigts de la main sur le parking d’Espalion ce dimanche 28 juin, prêt à parcourir l’Aubrac.

8h40, Jean Claude Capelle nous tire le portrait et nous filons dans la vallée du Lot. Fabien se porte à l’avant…suivez le guide ! C’est du billard, le faux plat descendant est avalé à 30 km/h jusqu’à Entraygue sur Truyère. A partir de là ce n’est plus la même limonade…Nous ne cesserons de monter et descendre. Les garmins font bip bip, le profil s’affiche sur nos écrans…avec Pascal nous sommes comme des gosses devant une game boy, c’est beau la technologie mais il faut quand même appuyer sur les pédales. Après 7 km de montée régulière le GPS nous dit à droite, direction Bez Bédène !!! Une route raide comme la justice pour descendre dans une vallée enjambée par un pont en pierre pittoresque. Merci Fabien, sans toi, jamais nous n’aurions connu Bez Bédène !

Ça grimpe fort. Tout à gauche pour remonter sur le plateau. La vue se dégage petit à petit sur de vastes étendues. Le vent est de 3/4 favorable. Il nous reste 20 km pour atteindre Laguiole. Arrêt pipi et mieux vaut ne pas franchir les barbelés…Annibal surveille le cheptel !

A Laguiole, arrêt boulangerie après 65 km d’effort. Il est 12h00. On prend la pause devant le célèbre Taureau sur la place du village. On se dore au soleil contre un muret en dégustant des quiches et tartelettes aux fruits. Dans ce climat de zénitude totale Fabien craque et nous confie que l’odeur de la crème Nok lui manque terriblement…Ca fait plus de 3 mois qu’il n’a pas épinglé un dossard sur le maillot…rassuré de se sentir soutenu par notre petit cercle de sportifs anonymes, il promet de reprendre le dessus et d’arrêter de parler tous les soirs à ses 4 épingles à nourrices !

12h20, il est temps de reprendre le chemin du plateau en direction de Chaudes Aigues. Clin d’œil à la coopérative Jeune Montagne à la sortie de Laguiole…dommage car pas le temps de déguster un Aligot.

La route est large, belle et casse patte. Le vent toujours de 3/4. On voit loin.

Nous voici à Chaudes Aigues. Il fait chaud et on comprend vite pourquoi…la ville possède une trentaine de sources chaudes. La plus renommée est la sourde du Par…82°C.

C’est reparti à l’assaut du plateau. Une belle grimpée de 8 km. Pas très raide avec un vent de côté cette fois-ci. On ne s’affole pas et on reste bien groupé. On suit la route des thermes en direction de St Urcize. Un léger faux plat montant vent défavorable durant 12 km. Le temps devient nuageux mais il fait bon…et il fait soif ! ça tombe bien il y a de la vie au café Gaillard…et comme dit la dame, j’ai 32 ans aujourd’hui…il faut bien fêter ça !

Il reste encore 100 km à parcourir, alors nous continuons notre route en direction de Nasbinals. On croise le camping car de Jean-Claude…on s’est raté pour l’apéro ! Sur le chemin de Urbain V, on découvre les grandes étendues de l’Aubrac. Les burons tournent à plein régime, les randonneurs prennent l’air. Dans 14 km nous atteindrons le col de Bonnecombe.

Coup de tonnerre…Radio Tour annonce la défaillance de Fabien ! effectivement tout le monde se tourne vers lui et constate les dégâts. Fabien essuie une fringale monumentale !!! Il tape allègrement dans ses poches pour se ravitailler. Comment est-ce possible ? Lui qu’on appelle le Jacques Mayol du peloton…avec son cœur qui bat au ralenti (36 puls au repos), le gars tourne en mode économie d’énergie comme quand tu prend une Zoé pour circuler sur le Causse à plus de 100 km de la première borne électrique !!! La faute au Perrier Menthe ingurgité quelques minutes plus tôt chez Gaillard. Il faut dire que la Patronne à eu la main lourde en dosant le sirop… Conséquence un excès de sucre qui a conduit notre Delpinou en hypoglycémie…incroyable !

On se régale en serpentant sur le plateau. Ca monte, ca descend, on suit un ruisseau, les gentianes se dressent fières face au vent et les vaches sont toujours aussi paisibles.

On va descendre maintenant…pour mieux remonter ! Fabien nous prévient que le final risque d’être pêchu…effectivement ! Mais la joyeuse troupe est toujours d’attaque : la mascotte Belge se porte comme un charme, Cédric mouline son 32 x 34, Pascal est toujours en canne, Fabien grimpe la bouche fermée et je mitraille tout ce qui bouge !

La vue sur l’Aveyron est splendide. La route est étroite…visiblement trop étroite pour un automobiliste qui ne trouve rien de mieux que de passer au au beau milieu de nous plutôt que de faire une petite manœuvre ! Il n’a pas pédalé lui…mais il est fatigué !

Descente tout schuss mais dangereuse. Nous arrivons au village Les Hermaux que Pascal reconnaît. La cerise sur le gâteau se dresse devant nous…Fabien nous prévient encore une fois… »je ne connais pas la route mais ça va grimper ». Il en sera ainsi jusqu’au col d’Aubrac. On se régale, la route contourne le relief par des balcons dont l’état est irréprochable. Après Vieurals, il reste 5 km de grimpette un peu sévère. Ça commence à tirer dans les guibolles mais en prenant le temps…on avance, c’est une évidence !

Nous voici au carrefour du col d’Aubrac. Décidément c’est le sport national, un autochtone coupe la route et se faufile entre nous avec sa kangoo…ça doit être une coutume locale !

Le garmin affiche 3500 m de d+ et 2500 de négatif. A nous la descente, puis un secteur pavé pour se finir et une petite route forestière pour clôturer cette belle journée.

Il est 20h00, 220 km au compteur. Nous sommes rincés mais quel régal d’avoir roulé tous les 5 en prenant le temps.

Une soupe à la sauce Cédric, des tartines à la sardine et une Ratz à température ambiante…il en faut peu pour se faire du bien. Une journée comme on les aime. C’était top, c’était l’Aubrac…On remet ça quand ?

3 réflexions au sujet de « Tour de l’Aubrac »

  1. Je me suis régalé en lisant ce commentaire, je connais un peu la région ….et Fabien, j’ai eu l’impression de faire aussi le tour de l’Aubrac….sans forcer!!!!merci à vous !!!!

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  2. Bravo à toute l’équipe mais ne me fera pas croire à une défaillance de notre Delpinou… Une superbe région l’Aubrac avec ses prairies à perte de vue. Çà sent la liberté. Bon compte rendu encore une fois.

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  3. Encore un très joli texte qui accompagne de belles photos (ou est-ce l’inverse ?).
    Merci Nini de nous faire découvrir la région, cela donnerait presque envie de se mettre au vélo (presque).

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